Balade malgache

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Lise Maudet sept dec 2018 – Agriculture

Posté le / dans: Témoignages

Compte rendu de volontariat sur le projet Agriculture et Permaculture 29 septembre – 22 décembre 2018 Lise MAUDET


C'est le 29 septembre 2018 que j’atterris à Madagascar après 12h de vol et une escale de 3 h et ma première impression est de débarquer sur une autre planète, moi qui n'avait jamais quitté l'Europe, c'est le dépaysement total, il m'a fallu vraiment deux semaines pour réaliser pleinement où j'étais.

C'est le 29 septembre 2018 que j’atterris à Madagascar après 12h de vol et une escale de 3 h et ma première impression est de débarquer sur une autre planète, moi qui n'avait jamais quitté l'Europe, c'est le dépaysement total, il m'a fallu vraiment deux semaines pour réaliser pleinement où j'étais. J'apprends petit à petit à me familiariser avec cette culture, avec les gens qui m'entourent, avec cette langue magnifique.

Je suis venue à Akiba sans la moindre connaissance en agriculture mais avec une grande soif d'apprendre, avec l'envie de vivre au milieu de la nature, selon son rythme, l'envie de vivre avec simplicité, de trouver l'essentiel et l'envie de découvrir une autre culture. J'ai été servie !

I- Pollinisation de la Vanille

La mission qui s'est étalée le plus longtemps sur mon séjour à Akiba a été la pollinisation de la vanille, la période de floraison commence en septembre pour se terminer fin novembre. La vanille est une plante qui n'est pas endémique de Madagascar, aucune espèce d'abeille et d'insecte en général n'est capable de la polliniser. C'est donc un travail qui doit être fait manuellement pendant toute la période de floraison de la liane. Les fleurs ne survivant qu'une journée, la pollinisation doit avoir lieux tous les jours.
Pendant deux mois Dada, Jérémy, moi puis Isabelle, qui nous à rejoint fin octobre, avons commencé toutes nos journées par faire le tour des secteurs afin de polliniser tous les pieds de vanille, de noter combien de fleurs avaient été pollinisées par pieds, puis de rentrer ces données sur le tableur créé par Matthieu et Jérôme qui nous a permis de faire un récapitulatif de certaines données comme le nombre de fleurs pollinisées sur chaque pied pendant toute la période de floraison, le nombre de mains, l'exposition (quatre possibilités soleil/mi-soleil/mi-ombre/ombre), le secteur, les dates de première et dernière pollinisations, etc. Ces informations vont permettre à Jérôme de faire des statistiques et de comprendre quelles expositions, quels secteurs, sont les plus favorables à la production de vanille. Ce récapitulatif nous a également permis de savoir quels pieds avaient été perdus  : parce qu'ils ne donnaient plus de fleurs, avaient changé de numéros, n'avaient pas été numérotés ou avaient été simplement oubliés  ; et d'en retrouver quelques uns.

II- Pépinière

La pépinière fabriquée par Jean nous a permis de faire pousser un grand nombre de jeunes pousses tout en les protégeant des poules. En presque trois mois de volontariat j'ai eu l'occasion de découvrir certaines plantes que je n'avais jamais vu en France et certaines dont je n'avais jamais entendu parler. J'ai notamment participer à planter des Morongo et des Gliricidias qui, installés dans les secteurs E et V permettront de faire de l'ombre à la Vanille. Malheureusement le Morongo que nous avions tranquillement laissé grandir à la pépinière puis installé sur le secteur E n'a rien donné. Nous avons aussi planté du Cola et du Cacao, le premier à été réparti sur les terrains autour du village, le deuxième va être installés sur le terrain du haut avec le but d'en tirer une petite production qui sera vendue.

III- Désherbage en vu de la saison des pluies

Le désherbage a constitué une bonne partie de ma mission, à l'approche de la saison des pluies la nature se fait d'une générosité incroyable. Point négatif, il a fallu arracher les mauvaises herbes du potager toutes les semaines et dès le mois de novembre désherber l'intégralité du terrain autour d'Akiba. Cela nous a pris deux mois à peu près. Le travail étant impossible pendant la saison des pluies, il faut arracher toutes les mauvaises herbes avant, afin de faciliter le travail après les pluies car la croissance des plantes devient alors vertigineuse.

Le terrain du haut, héritage du père de Vita Soa, était jusqu'ici inexploité et laissé en friche. Après qu'il ai été nettoyé, nous y avons planté du maïs, du concombre, de la pastèque, des ananas et du cacao.

V- Sentier botanique

Jérôme avait pour projet de réaliser un sentier botanique autour d'Akiba afin de faire découvrir aux touristes qui passent par l'éco-gite les plantes tropicales que l'on trouve à Madagascar. Hélène (volontaire à l'école d'Akiba) et moi avons décidé de reprendre ce projet. A terme, un guide papier devra être réalisé afin que les touristes puissent avoir sous les yeux une fiche explicative à propre de chaque plante ou que les enfants puissent servir de guide lors de ces visites. Des fiches ont déjà été réalisées par Nahema et Jérôme mais elles ne sont plus à jour et il faudrait les modifier afin de pouvoir mettre en place le projet.

Hélène et moi avons d'abord fait le tour du terrain avec Jérôme pour qu'il puisse nous montrer les arbres qu'il souhaitait mettre en avant ; soit : Tek, Avocatier, Thé malgache, Cacaoyer, Vanille, Manguier, Palmier, Arbre à pain, Corossolier, Combava, Mandarinier, Citronnier, Bilimbi, Ravinale, Ananas, Papayer, Jacquier, Fruits de la passion, Bananier, Caféier et Poivrier. Nous avons repéré ces arbres en y accrochant les morceaux d'une vieille moustiquaire bleue découpée en rubans. Ensuite nous avons décidé du passage du sentier avant de désherber sur toute sa surface. Les enfants nous ont aidé à planter du vétiver tout le long du sentier afin de le délimiter. Enfin nous avons réaliser des numéros creusés et peints dans des planches de bois découpées en rond puis avons scié et peints les pancartes qui permettront d'indiquer la direction du chemin. Nous avons fixé la plupart des numéros sur des piquets de bambou et en avons accroché d'autres aux branches des arbres avec de la ficelle. Nous nous sommes rendu compte que les piquets de bambou n'étaient pas vraiment une bonne idée car pas très solides et avons préféré fixer les pancartes sur des piquets faits à partir de branches d'arbres.

J'ai appris énormément de choses durant mon séjour à Akiba, à propos de la culture sur buttes, du compostage, de la culture de la vanille, j'ai appris à reconnaître les différentes plantes, différencier le cacao, du café, du cola, goûté des fruits que je ne connaissais pas, la jacques, le corossol, le bilimbi.

J'ai passé des moments extraordinaires dans ce petit coin de paradis, fait des rencontres qui m'auront fait grandir que ce soit avec toute l'équipe de volontaires : Louis, Matthieu, Florian, Isabelle R, Hélène, Charly, Isabelle S ; l'équipe agriculture Dada et Jérémy, qui a également été mon professeur de sakalava, et mon interprète de la culture malgache ; toute l'équipe de la cuisine avec qui j'aurais aimé passer plus de temps et pouvoir discuter plus que ce que mes 12 mots de sakalava me le permettent : merci beaucoup à Vita Soa, Mama Karina, Soanja, Dorine, Jonathan, Serge, Rapasi, Ambo pour votre accueil, votre gentillesse, votre bienveillance, pour les cours de sakalava, les cours de danse, les caïpirinnes et bien sûr tous vos délicieux repas. Enfin merci à Jérôme de m'avoir accueilli chez lui et de m'avoir permis de vivre tous ces beaux moments.